Juin 2021…. Le virus continue à nous harceler: heureusement, grâce aux vaccinations, il semble moins agresser nos hôpitaux et surtout ceux qui y travaillent : des milliers de gens que nous ne saurons jamais assez remercier.

Je suis un privilégié: j’ai, bien entendu, respecté scrupuleusement les contraintes qui impactent nos vies familiales, professionnelles et culturelles mais j’ai pu continuer à sculpter avec sans doute –sans vraiment m’en rendre compte- un peu moins d’entrain: les visites des musées, galeries et autres expos m’ont vraiment manqué: …nous respirons aujourd’hui un peu mieux: moi-même je suis prêt pour ma première exposition depuis deux ans.

Elle aura lieu du 16 au 31 juillet à Lissewege.

 

Sans bien savoir pourquoi, ma création –durant ces derniers mois- s’est orientée vers le buste stylisé (terre, pierre, bois) : j’ai gardé mon choix de sculpter du figuratif en lui imposant des arêtes et des plans et , parfois ,quelques courbes.

A partir d’un bloc de frêne, je me suis lancé dans la réalisation d’un modèle féminin stylisé. Voici quelques images du travail qui a enchanté mon printemps...

Dans la foulée, j’ai créé PROXIMITE , un essai en terre noire très chamottée , qui me sert de modèle aujourd’hui pour une oeuvre en sélénite (pierre de lune) que j’espère terminer en août prochain.

(Buste en aragonite)

L’aragonite est une pierre très calcaire richement colorée: elle regorge de vertus esthétiques, médicales et spirituelles: elle peut aider –paraît il- à réguler les personnes hypersensibles.

J’ai osé aussi – pour la première fois - la porcelaine : une maternité que j’avais réalisée auparavant en terre.

(Un assemblage terre émaillée et bois)

Les photos de Tyler Mitchell pour la maison de mode JW Anderson ne sont pas banales !

La position, l’élégance, le déhanchement ont sollicité mes yeux et mes mains…. J’aime particulièrement marier bois et terre.

Je me suis rappelé une scène qui m’avait impressionné il y a une dizaine d’années dans le parc d’Etosha en Namibie.

Je me suis surpris à la recréer en terre…Un souvenir très modeste d’un moment sublime !

Je suis parti d’un modèle que j’ai réalisé en terre émaillée. Les contraintes du bloc de stéatite ont rendu l’appui des bras plus fragile ; j’ai pu creuser les traits du visage : n’y lisez ni tristesse, ni bonheur…

Pas de genou à terre…simplement la force de l’optimisme et de la confiance !

Quand la poésie devient la source….

"Les femmes aux longs cheveux
Ont tout lavé dans les seaux
Séché le linge sur des buissons
Rentré les gosses dans les camions
Sur les paniers de roseaux
Et caressé les oiseaux, caressé les oiseaux
Où allais-tu ?" 

(Gitan . F. Cabrel)

C’est une terre cuite 950 ° sans plus…
quelques engobes pour troubler l’uniformité de la terre…

Pour le reste, le but : déguster des bouts d’étoile, admirer le soleil, jambes et bras croisés, les yeux fermés dans la confiance vers un ciel qui veut effacer les nuages.

A l’atelier à Rhode, je travaille intensément sur « Slow love motion »…
un nom complexe , me direz vous , mais je n’ai trouvé que ce vocabulaire anglais pour exprimer à la fois l’intensité amoureuse de ce couple mais aussi le léger mouvement…